Dans le monde du 27 décembre 2002 ainsi que dans le magazine Réponse Photo du mois de janvier 2003 deux articles sont consacrés au droit à l’image. Depuis quelques années les procès attentés par les propriétaires de biens privés et de biens publics contre les photographes et les agences se multiplient opposant la notion de droit à l’image à celle d’informer et de créer (droit d’exploitation et de reproduction).
Aujourd’hui en France un photographe décide de « mitrailler », il doit viser juste pour atteindre son sujet situé entre propriété privée et propriété publique (attention propriété publique ne veut pas dire libre de droit mais appartenant à l’état). Or dans l’hexagone il n’y a pas de zone de non droit.
Ami(e)s photographes et internautes sachez qu’à partir du moment où vous photographiez un immeuble, un citronnier, une cage d’ascenseur, un chien, une barque dans un port, une sculpture, une colline… vous commettez « un délit ». Vous me direz que le droit ne s’applique que dans le cadre d’une publication et/ou d’une reproduction ou si le propriétaire s’en aperçoit. C’est vrai ! Mais que signifie cet intérêt pour la « photographie juridique » ? Repli sur nous même, glissement de la conception de groupe social à celle de l’individu, protéger son monde, son mode de vie, dérive sécuritaire ou autres raisons.
Il ne faudrait pas que les propriétaires oublient que l’uns des intérêts de la photo est son aspect ethnologique au sens large du terme. Comment nous vivons, comment mettons nous en forme ce que nous possédons… je crois qu’il serait mauvais de pousser les photographes hors des frontières car c’est également un patrimoine en formation qui se verrait expulsé. Si désormais les propriétaires applique la toute première devise française : « liberté égalité sûreté et propriété », il faudra que les photographes aillent là où la législation est plus souple voire inexistante.Fabien leblanc.